La grammaire espagnole complète : toutes les règles, classées et expliquées

La grammaire espagnole complète : toutes les règles, classées et expliquées

Toute la grammaire espagnole, rangée dans l'ordre où on en a besoin. Chaque règle est expliquée en français simple, avec des exemples, et les pièges propres aux francophones sont signalés là où ils tombent. Garde cette page en favori : c'est un guide de référence, pas une lecture d'un seul trait.

Une étudiante souriante entourée de livres
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1. Prononciation et accent tonique

L'espagnol se lit comme il s'écrit : une lettre, un son, sans exception réelle. C'est la langue la plus régulière d'Europe de ce point de vue.

Les sons qui diffèrent du français

  • j et g devant e/i : son raclé du fond de la gorge — jamón, gente.
  • h : toujours muet — hola se dit « ola ».
  • ll et y : proches du « y » de yaourt — llave, ayer.
  • ñ : comme « gn » — año.
  • r initial et rr : roulés — rojo, perro.
  • z et c devant e/i : « th » anglais en Espagne, « s » en Amérique latine — zapato, cinco.
  • v se prononce comme b : vino et bino sonnent pareil.
  • u se dit « ou » : luna = « louna ». Et qu/gu devant e/i : le u est muet — que = « ké ».

Les cinq voyelles

a, e, i, o, u — toujours identiques, toujours nettes, jamais nasales. Le piège francophone numéro un : nasaliser bien, pan, con. En espagnol, on entend la voyelle puis le n.

Où tombe l'accent

Mot terminé par une voyelle, -n ou -s → accent sur l'avant-dernière syllabe : ca-sa, ha-blan, li-bros.
Mot terminé par toute autre consonne → accent sur la dernière syllabe : ciu-dad, ha-blar, pa-pel.
Toute exception à ces deux règles porte un accent écrit : ca-fé, lá-piz, mú-si-ca.

L'accent écrit sert aussi à distinguer deux mots identiques : el (le) / él (lui), tu (ton) / tú (toi), si (si) / sí (oui), mas (mais) / más (plus), que (que) / qué (quoi).

2. Les articles

Définis et indéfinis

MasculinFéminin
Défini singulierel librola casa
Défini pluriellos libroslas casas
Indéfini singulierun librouna casa
Indéfini plurielunos librosunas casas

Les deux contractions

a + el = al (voy al cine) et de + el = del (la casa del profesor). Il n'y en a pas d'autres.

L'article neutre « lo »

Devant un adjectif, il fabrique un nom abstrait : lo importante (ce qui est important), lo mejor (le meilleur, au sens de « ce qu'il y a de mieux »), lo difícil (le difficile). Il ne s'emploie jamais devant un nom.

El devant un nom féminin

Un nom féminin qui commence par un a- ou ha- tonique prend el au singulier, pour l'oreille : el agua fría, el águila, el hambre. Le nom reste féminin — d'où fría — et le pluriel redevient normal : las aguas.

Quand l'espagnol met l'article et pas le français

Devant les titres et les jours : el señor García, el lunes voy al médico (lundi, je vais chez le médecin). Devant les parties du corps, l'espagnol préfère l'article au possessif : me duele la cabeza (j'ai mal à la tête), lávate las manos.

Quand il ne le met pas

Devant un métier ou une nationalité après ser : soy profesor, es francesa. On le remet dès qu'un adjectif s'ajoute : es una profesora excelente. Devant otro, jamais d'article indéfini : otro café, jamais « un otro ».

3. Le nom : genre et nombre

Le genre

Règle de base : -o masculin, -a féminin. Puis les familles régulières : sont féminins les noms en -ción, -sión, -dad, -tad, -tud, -umbre, -ie ; sont masculins ceux en -or, -aje, -ma d'origine grecque (el problema, el tema, el sistema, el idioma).

Exceptions à connaître : la mano, la foto, la moto, la radio (féminins en -o) ; el día, el mapa, el sofá (masculins en -a).

Quelques mots changent de sens avec le genre : el capital (l'argent) / la capital (la ville), el orden (le rangement) / la orden (l'ordre donné), el cura (le prêtre) / la cura (le soin).

Piège francophone. Beaucoup de noms changent de genre entre les deux langues : la leche (le lait), la sal (le sel), la sangre (le sang), el árbol (l'arbre), el color (la couleur), el viaje (le voyage), la nariz (le nez), el coche (la voiture). Apprends toujours le nom avec son article.

Le pluriel

Finale par une voyelle → + s (casa → casas). Finale par une consonne ou y → + es (papel → papeles, rey → reyes). Finale par -z → -ces (lápiz → lápices, vez → veces).

Le pluriel peut faire tomber ou apparaître un accent écrit, parce que la syllabe accentuée ne bouge pas : examen → exámenes, canción → canciones, joven → jóvenes.

4. Les adjectifs

L'accord

L'adjectif s'accorde en genre et en nombre. Ceux en -o ont quatre formes (alto, alta, altos, altas). Ceux en -e ou en consonne n'en ont que deux : grande / grandes, fácil / fáciles. Exception importante : les adjectifs de nationalité en consonne prennent un féminin en -a — español → española, francés → francesa, alemán → alemana.

La place

Par défaut, l'adjectif se place après le nom : un coche rojo, una idea interesante. Devant le nom, il devient subjectif ou emphatique, et certains adjectifs changent carrément de sens :

AdjectifAvant le nomAprès le nom
grandeun gran hombre = un grand homme (valeur)un hombre grande = un homme grand (taille)
viejoun viejo amigo = un ami de longue dateun amigo viejo = un ami âgé
pobreel pobre hombre = le malheureuxel hombre pobre = l'homme sans argent
únicomi única hija = ma seule filleuna hija única = une fille unique

L'apocope

Devant un nom masculin singulier, certains adjectifs perdent leur dernière voyelle : bueno → buen, malo → mal, primero → primer, tercero → tercer, alguno → algún, ninguno → ningún. Grande devient gran devant les deux genres. Ciento devient cien devant un nom.

Comparatif et superlatif

Supériorité : más … que — es más alto que yo.
Infériorité : menos … que.
Égalité : tan … como avec un adjectif, tanto/a/os/as … como avec un nom.
Superlatif relatif : el / la / los / las más … de — la ciudad más bonita de España. Attention : « de », jamais « en ».

Quatre comparatifs sont irréguliers : bueno → mejor, malo → peor, grande → mayor, pequeño → menor.

Le superlatif absolu se fait avec -ísimo : guapo → guapísimo, fácil → facilísimo, rico → riquísimo (le c devient qu, le g devient gu, le z devient c).

Devant un nombre, « plus de » se dit más de : más de veinte personas. Devant une comparaison, c'est más que.

5. Les démonstratifs

L'espagnol a trois degrés de distance là où le français en a un seul.

DistanceMasc. sing.Fém. sing.Masc. plur.Fém. plur.Neutre
Près de moiesteestaestosestasesto
Près de toieseesaesosesaseso
Loin des deuxaquelaquellaaquellosaquellasaquello

Les formes neutres (esto, eso, aquello) désignent une chose non identifiée ou une idée entière : ¿qué es esto?, eso no me gusta. Elles ne prennent jamais d'accent et ne s'emploient jamais devant un nom.

Les mêmes formes servent d'adjectif (este libro) et de pronom (este es mío). L'accent écrit sur le pronom (éste) n'est plus obligatoire depuis 2010.

6. Les possessifs

Formes courtes, devant le nom

mi, tu, su, nuestro, vuestro, su — elles s'accordent en nombre, et nuestro/vuestro aussi en genre : mi casa, mis casas, nuestra casa, nuestros libros.

Formes longues, après le nom ou seules

mío, tuyo, suyo, nuestro, vuestro, suyo : un amigo mío, el coche es tuyo, la mía es más grande.

Le piège de « su ». Su peut vouloir dire son, sa, leur, votre — et l'ambiguïté est réelle. Quand le contexte ne suffit pas, on précise : su casa de usted, la casa de ellos. C'est le mot le plus ambigu de la langue.

Rappel de la section 2 : avec les parties du corps et les vêtements, l'espagnol utilise l'article, pas le possessif — me pongo el abrigo, pas « mi abrigo ».

Des gens échangent sur un marché espagnol
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7. Les nombres

Cardinaux

0-15 s'apprennent par cœur : cero, uno, dos, tres, cuatro, cinco, seis, siete, ocho, nueve, diez, once, doce, trece, catorce, quince.

16 à 29 s'écrivent soudés : dieciséis, diecisiete, dieciocho, diecinueve, veintiuno, veintidós… À partir de 31, on sépare avec y : treinta y uno, cuarenta y cinco.

Dizaines : diez, veinte, treinta, cuarenta, cincuenta, sesenta, setenta, ochenta, noventa. Centaines : cien(to), doscientos, trescientos, cuatrocientos, quinientos, seiscientos, setecientos, ochocientos, novecientos. Puis mil, un millón.

Uno devient un devant un nom masculin et una devant un féminin : veintiún libros, treinta y una casas.
Les centaines s'accordent : doscientas personas.
Cien devant un nom, ciento dans les composés : cien euros, mais ciento veinte.
Mil est invariable ; millón se met au pluriel et appelle de : dos millones de euros.

Ordinaux

primero, segundo, tercero, cuarto, quinto, sexto, séptimo, octavo, noveno, décimo. Au-delà de dix, l'espagnol courant repasse aux cardinaux : el piso doce. Primero et tercero s'apocopent devant un masculin singulier : el primer día.

8. Les pronoms personnels

Sujets

yo, tú, él/ella/usted, nosotros/as, vosotros/as, ellos/ellas/ustedes. On les omet presque toujours : la terminaison du verbe suffit. On les remet pour insister ou pour lever une ambiguïté : yo trabajo, tú descansas.

Usted et ustedes sont les formes de politesse, et se conjuguent à la 3ᵉ personne. En Amérique latine, ustedes remplace vosotros partout, même entre amis.

Compléments directs et indirects

PersonneCODCOIAprès préposition
jemememí
tuteteti
il / elle / vous (poli)lo / laleél, ella, usted
nousnosnosnosotros
vousososvosotros
ils / elleslos / laslesellos, ellas

La place des pronoms

Avant le verbe conjugué : te veo, no lo sé.
Soudés après l'infinitif, le gérondif et l'impératif affirmatif : quiero verte, estoy haciéndolo, dímelo.
Avec une périphrase, les deux places sont correctes : te lo voy a decir = voy a decírtelo.

Deux pronoms ensemble

L'ordre est toujours COI puis COD : me lo das (tu me le donnes). Et quand les deux sont de 3ᵉ personne, le et les deviennent se : se lo doy (je le lui donne), jamais « le lo doy ».

Les pronoms réfléchis

me, te, se, nos, os, se — me levanto, se llama. Beaucoup de verbes espagnols sont pronominaux là où le français ne l'est pas, et l'inverse : irse (partir), quedarse (rester), acordarse de (se souvenir), mais bajar (descendre, sans « se »).

9. Ser, estar, haber, tener

Ser ou estar

Une seule question tranche presque tous les cas : est-ce que je décris ce que la chose est, ou l'état dans lequel elle se trouve ?

SER — l'identitéESTAR — l'état
Identité, profession : soy médicoLieu : estoy en casa
Origine, nationalité : es de MadridÉtat passager : estoy cansado
Caractère : es simpáticoHumeur : está contento
Matière, possession : es de maderaAction en cours : está comiendo
Heure et date : son las tresRésultat d'un changement : está roto

Certains adjectifs changent de sens selon l'auxiliaire : ser listo (être malin) / estar listo (être prêt) ; ser aburrido (être ennuyeux) / estar aburrido (s'ennuyer) ; ser rico (être riche) / estar rico (être délicieux) ; ser bueno (être bon) / estar bueno (être bon au goût). Le détail des cas qui piègent est ici.

Haber : il y a

Hay est invariable et sert à signaler l'existence : hay un problema, hay tres libros. Il ne s'emploie jamais avec un article défini : on dit hay una mesa, mais la mesa está en la cocina.

Haber est aussi l'auxiliaire des temps composés : he comido, había salido. Il ne signifie jamais « avoir » au sens de posséder.

Tener : posséder, et bien plus

Tener traduit « avoir » quand on possède : tengo un coche. Il sert aussi pour l'âge et les sensations, là où le français utilise « être » ou « avoir » : tengo veinte años, tengo hambre / sed / frío / calor / sueño / miedo / prisa. Et tener que + infinitif exprime l'obligation : tengo que salir.

10. Le présent de l'indicatif

Les trois groupes

-ar (hablar)-er (comer)-ir (vivir)
yohablocomovivo
túhablascomesvives
él/ella/ustedhablacomevive
nosotroshablamoscomemosvivimos
vosotroshabláiscoméisvivís
ellos/ustedeshablancomenviven

Les verbes à diphtongue

Ce ne sont pas des irréguliers au hasard : la voyelle du radical se casse en deux quand l'accent tombe dessus, donc à toutes les personnes sauf nosotros et vosotros.

e → ie : pensar → pienso, piensas, piensa, pensamos, pensáis, piensan. Même famille : querer, empezar, cerrar, entender, preferir, sentir.
o → ue : poder → puedo, puedes, puede, podemos, podéis, pueden. Même famille : dormir, volver, contar, encontrar, recordar, morir.
e → i (verbes en -ir seulement) : pedir → pido, pides, pide, pedimos, pedís, piden. Même famille : servir, repetir, seguir, vestir.
u → ue : un seul verbe, jugar → juego.

Les irréguliers de la première personne

Beaucoup de verbes ne sont irréguliers qu'au yo, et cette irrégularité se répercute ensuite sur tout le subjonctif présent — ce qui rend cette liste très rentable.

hacer → hago, poner → pongo, salir → salgo, tener → tengo, venir → vengo, decir → digo, traer → traigo, caer → caigo, oír → oigo, conocer → conozco, conducir → conduzco, ver → veo, dar → doy, saber → sé, caber → quepo.

Les quatre vraiment irréguliers

ser : soy, eres, es, somos, sois, son. estar : estoy, estás, está, estamos, estáis, están. ir : voy, vas, va, vamos, vais, van. haber : he, has, ha, hemos, habéis, han.

11. Les temps du passé

C'est le chapitre où les francophones perdent le plus de temps, parce que l'espagnol distingue quatre passés là où le français en mélange souvent deux.

Le passé composé — pretérito perfecto

haber au présent + participe : he comido, has visto, hemos ido.

Il s'emploie pour une action dans une période non terminée ou encore liée au présent : hoy, esta semana, este año, ya, todavía no, nunca, alguna vez. Hoy he trabajado mucho.

Le participe reste invariable : he escrito las cartas, jamais « escritas ». Et rien ne se glisse entre haber et le participe : no he comido nada.

Le passé simple — pretérito indefinido

hablarcomer / vivir
yohablécomí
túhablastecomiste
élhablócomió
nosotroshablamoscomimos
vosotroshablasteiscomisteis
elloshablaroncomieron

Il est vivant en espagnol, contrairement au passé simple français. Il s'emploie pour une action terminée dans une période fermée : ayer, el año pasado, en 2019, hace dos días. Ayer fui al cine.

Une famille d'irréguliers à radical fort ne prend jamais d'accent écrit : tener → tuve, estar → estuve, poder → pude, poner → puse, saber → supe, hacer → hice, venir → vine, querer → quise, decir → dije, traer → traje. Et ser et ir partagent la même forme : fui, fuiste, fue, fuimos, fuisteis, fueron.

L'imparfait — imperfecto

Terminaisons régulières et faciles : -ar → -aba, -abas, -aba, -ábamos, -abais, -aban ; -er et -ir → -ía, -ías, -ía, -íamos, -íais, -ían. Trois irréguliers seulement : ser (era), ir (iba), ver (veía).

Emplois : la description, l'habitude, le décor d'une scène, l'action en cours interrompue par une autre. Cuando era pequeño, iba a la playa todos los veranos.

La règle qui départage passé simple et imparfait. L'imparfait plante le décor, le passé simple fait avancer l'histoire. Llovía (il pleuvait — décor) cuando salí (quand je suis sorti — événement). Si tu peux répondre « et ensuite ? », c'est un passé simple.

Le plus-que-parfait — pluscuamperfecto

había + participe : había comido. Il marque l'antériorité par rapport à un autre passé : cuando llegué, ya se habían ido.

12. Futur et conditionnel

Le futur simple

On ajoute les terminaisons à l'infinitif entier, quel que soit le groupe : -é, -ás, -á, -emos, -éis, -án. hablaré, comerás, vivirá.

Douze verbes ont un radical modifié, et ce sont les mêmes au conditionnel : tener → tendr-, poner → pondr-, venir → vendr-, salir → saldr-, poder → podr-, saber → sabr-, haber → habr-, caber → cabr-, querer → querr-, hacer → har-, decir → dir-, valer → valdr-.

À l'oral, le futur proche ir a + infinitif est bien plus fréquent : voy a llamarte. Le futur simple sert souvent à exprimer une hypothèse sur le présent : serán las diez (il doit être dix heures), ¿quién será? (qui cela peut-il bien être ?).

Le conditionnel

Même radical que le futur, terminaisons de l'imparfait des verbes en -er : -ía, -ías, -ía, -íamos, -íais, -ían. hablaría, tendría, haría.

Emplois : la politesse (¿podría ayudarme?), le conseil (yo que tú, lo haría), le futur vu du passé (dijo que vendría), et l'hypothèse sur le passé (serían las diez).

Un homme souriant lit un livre
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13. Le subjonctif

Le subjonctif espagnol est bien plus vivant que le français : il est obligatoire dans des dizaines de constructions courantes. C'est le vrai seuil entre un niveau intermédiaire et un niveau confortable.

Formation du présent

On part du « yo » du présent de l'indicatif, on enlève le -o, et on inverse les voyelles : les verbes en -ar prennent des terminaisons en e, les verbes en -er/-ir des terminaisons en a.
hablar → hablo → habl- → hable, hables, hable, hablemos, habléis, hablen
comer → como → com- → coma, comas, coma, comamos, comáis, coman
tener → tengo → teng- → tenga, tengas, tenga, tengamos, tengáis, tengan

Six irréguliers échappent à la règle : ser (sea), estar (esté), ir (vaya), haber (haya), saber (sepa), dar (dé).

Quand l'employer

Après une expression de volonté, de sentiment ou de doute, avec changement de sujet : quiero que vengas, me alegra que estés aquí, no creo que sea verdad, es importante que lo sepas. Sans changement de sujet, on garde l'infinitif : quiero venir.

Après les conjonctions de temps tournées vers le futur : cuando, en cuanto, hasta que, mientras, después de que. Cuando llegues, llámame. Si l'action est habituelle ou passée, l'indicatif revient : cuando llego, siempre llamo.

Après certaines conjonctions, toujours : para que, antes de que, sin que, a menos que, con tal de que, en caso de que.

Dans une relative qui décrit quelque chose d'incertain : busco un piso que tenga terraza (je ne sais pas s'il existe) — contre busco el piso que tiene terraza (je sais lequel).

Pour le souhait : ojalá llueva, que tengas un buen día.

L'imparfait du subjonctif

Il se fabrique à partir de la 3ᵉ personne du pluriel du passé simple : on retire -ron et on ajoute -ra ou -se (les deux séries sont équivalentes). hablaron → hablara / hablase, tuvieron → tuviera, fueron → fuera.

Emploi principal : les hypothèses irréelles avec si.

Hypothèse réelle : si + présent de l'indicatif, futur — si tengo tiempo, iré.
Hypothèse irréelle au présent : si + imparfait du subjonctif, conditionnel — si tuviera tiempo, iría.
Hypothèse irréelle au passé : si + plus-que-parfait du subjonctif, conditionnel passé — si hubiera tenido tiempo, habría ido.
Jamais de futur ni de conditionnel juste après si.

14. L'impératif

Affirmatif

Personnehablarcomervivir
túhablacomevive
ustedhablecomaviva
nosotroshablemoscomamosvivamos
vosotroshabladcomedvivid
ustedeshablencomanvivan

Seule la forme tú a des irréguliers, et ils sont huit : decir → di, hacer → haz, ir → ve, poner → pon, salir → sal, ser → sé, tener → ten, venir → ven.

Les pronoms se collent au verbe : dímelo, levántate, hazlo. Le -d de vosotros tombe devant os : levantaos.

Négatif

À la forme négative, l'impératif emprunte entièrement le subjonctif présent, et les pronoms repassent devant : no hables, no me lo digas, no te levantes.

15. Gérondif, participe et périphrases

Le gérondif

-ando pour les verbes en -ar, -iendo pour les autres : hablando, comiendo. Irréguliers fréquents : leyendo, oyendo, yendo, durmiendo, pidiendo, diciendo, viniendo, pudiendo.

Piège majeur. Le gérondif espagnol ne traduit pas « en + participe » quand il exprime un moyen ou une simultanéité au sens français large, et surtout : après une préposition, l'espagnol met un infinitif. Antes de salir (avant de sortir), después de comer, al llegar (en arrivant). Et un nom ne se décrit jamais par un gérondif : « une boîte contenant » se dit una caja que contiene.

Le participe passé

-ado / -ido. Irréguliers à connaître : abierto, dicho, escrito, hecho, muerto, puesto, roto, visto, vuelto, cubierto, resuelto.

Invariable avec haber ; il s'accorde comme un adjectif avec ser, estar ou un nom : la puerta está abierta.

Les périphrases utiles

PériphraseSensExemple
estar + gérondifaction en coursestoy trabajando
ir a + infinitiffutur prochevoy a salir
acabar de + infinitifvenir deacabo de llegar
volver a + infinitifrefairevuelvo a intentarlo
seguir + gérondifcontinuer àsigue lloviendo
llevar + gérondifdurée depuisllevo dos años estudiando
ponerse a + infinitifse mettre àse puso a llorar
tener que / deber + infinitifobligationtengo que irme
hay que + infinitifobligation impersonnellehay que estudiar

16. La voix passive et le « se »

La vraie passive (ser + participe accordé) existe mais s'emploie surtout à l'écrit : la casa fue construida en 1920.

À l'oral, l'espagnol préfère la passive réfléchie : se venden pisos (appartements à vendre), aquí se habla español. Le verbe s'accorde avec le sujet réel.

Et pour un sujet indéterminé, le « se » impersonnel, toujours au singulier : se dice que…, se vive bien aquí. C'est l'équivalent de notre « on ».

Enfin, estar + participe décrit le résultat, pas l'action : la puerta está cerrada (elle est fermée) contre la puerta es cerrada por el portero (elle est fermée par le concierge).

17. Les prépositions

Le « a » personnel

Quand le complément d'objet direct est une personne déterminée (ou un animal familier), on met a devant. Veo a María. Busco a mi hermano. Mais : busco un médico (n'importe lequel), veo una casa (une chose).

Por ou para

POR — la cause, le passagePARA — le but, la destination
Cause : lo hice por ti (à cause de toi, pour toi)But : estudio para aprender
Lieu traversé : paso por MadridDestination : salgo para Madrid
Durée : por dos horasÉchéance : para el lunes
Moyen : por teléfonoDestinataire : es para ti
Échange, prix : lo compré por diez eurosOpinion : para mí, es un error
Moment vague : por la mañanaComparaison : para su edad, corre mucho

Raccourci mental : por regarde en arrière (ce qui a provoqué), para regarde en avant (ce vers quoi ça va).

Les autres prépositions courantes

a (direction, heure : voy a casa, a las tres), de (origine, possession, matière : soy de Lyon), en (lieu où l'on est, moyen de transport : en casa, en tren), con (accompagnement — attention aux formes soudées conmigo, contigo), sin, sobre, bajo, entre, hasta, desde, hacia, según.

Trois pièges francophones. « À la maison » se dit en casa, pas « a casa » (sauf mouvement). « En train » se dit en tren, mais « à pied » se dit a pie. Et après une préposition, l'espagnol met toujours un infinitif, jamais un gérondif : sin decir nada.

Les verbes qui imposent leur préposition

pensar en, soñar con, acordarse de, olvidarse de, depender de, casarse con, enamorarse de, empezar a, aprender a, ayudar a, tratar de, consistir en, tardar en.

18. Adverbes et comparaison

On forme l'adverbe de manière à partir du féminin de l'adjectif + -mente : rápida → rápidamente, fácil → fácilmente. Quand deux adverbes se suivent, seul le dernier prend -mente : habla lenta y claramente.

Quatre adverbes irréguliers : bien, mal, mucho, poco. Ne pas les confondre avec les adjectifs bueno et malo : canta bien (adverbe), es un buen cantante (adjectif).

Muy devant un adjectif ou un adverbe (muy bueno, muy bien) ; mucho après un verbe ou devant un nom (trabaja mucho, mucho tiempo). Ne jamais dire « muy mucho ».

Adverbes de lieu à trois degrés, comme les démonstratifs : aquí / ahí / allí. De temps : ahora, luego, ya, todavía, aún, siempre, nunca, a veces, mientras, entonces.

Des amis rient en discutant dans la rue
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19. Les pronoms relatifs

RelatifEmploiExemple
quele plus courant, personnes et chosesel libro que leo
quien / quienespersonnes, après préposition ou entre virgulesla mujer con quien hablé
el que / la que / los que…lève l'ambiguïté, après prépositionla casa en la que vivo
el cual / la cual…même chose, registre soutenuel motivo por el cual vine
lo quereprend une idée entièreno entiendo lo que dices
cuyo / cuya / cuyos / cuyaspossession — s'accorde avec l'objet possédéel autor cuya novela leí
dondelieula ciudad donde nací

Deux différences avec le français : que ne s'élide jamais, et il ne se supprime jamais. Surtout, après decir, creer, saber, le que est obligatoire : creo que sí, dice que viene.

20. Question, exclamation, négation

Interroger

Signes doubles à l'écrit : ¿…? et ¡…!. Les mots interrogatifs portent tous un accent écrit : qué, quién, cuál, cuándo, dónde, cómo, cuánto, por qué.

¿Qué? demande une définition ou une nature (¿qué es esto?) ; ¿Cuál? demande un choix dans un ensemble (¿cuál prefieres?). Et por qué (en deux mots, accentué) pose la question ; porque (en un mot, sans accent) donne la réponse ; el porqué est le nom (la raison).

L'inversion sujet-verbe n'est pas obligatoire : l'intonation et les signes suffisent — ¿tú vienes? est correct.

Nier

No se place directement devant le verbe : no hablo español. Rien ne s'intercale, sauf les pronoms : no lo sé.

La double négation est obligatoire quand le mot négatif suit le verbe : no veo nada, no conozco a nadie, no voy nunca, no tengo ningún problema. Si le mot négatif passe devant, le no disparaît : nunca voy, nadie lo sabe.

Autres mots utiles : tampoco (non plus), ni… ni…, ya no (ne… plus), todavía no (pas encore).

21. Conjonctions et coordination

y devient e devant un mot commençant par i- ou hi- : madre e hija, español e inglés. o devient u devant o- ou ho- : siete u ocho.

pero traduit « mais » ordinaire : es caro pero bueno. sino corrige une négation qui précède : no es caro, sino barato. Avec un verbe conjugué derrière, on écrit sino que : no vino, sino que llamó.

Autres liens fréquents : porque (parce que), como (comme, en tête de phrase), aunque (bien que — indicatif si le fait est réel, subjonctif s'il est hypothétique), así que (donc), por eso (c'est pourquoi), además (en plus), sin embargo (cependant), mientras que (tandis que).

22. Concordance des temps et discours indirect

Quand le verbe principal est au présent, la subordonnée reste au présent du subjonctif : quiero que vengas.
Quand il passe au passé ou au conditionnel, elle bascule à l'imparfait du subjonctif : quería que vinieras.

Au discours indirect, les temps reculent d'un cran :

Discours directDiscours indirect
présent — «voy»imparfait — dijo que iba
passé simple / passé composéplus-que-parfait — dijo que había ido
futur — «iré»conditionnel — dijo que iría
impératif — «ven»imparfait du subjonctif — me dijo que viniera

Les repères suivent : hoy → aquel día, ayer → el día anterior, mañana → al día siguiente, aquí → allí.

23. Les 12 erreurs de francophones

  1. Confondre ser et estar. Reviens à la question : l'identité ou l'état ?
  2. Oublier la double négation. No veo nada, jamais « veo nada ».
  3. Accorder le participe après haber. He escrito las cartas, jamais « escritas ».
  4. Mettre un gérondif après une préposition. Antes de salir, jamais « antes de saliendo ».
  5. Employer l'indicatif après « cuando » tourné vers le futur. Cuando llegues, pas « cuando llegas ».
  6. Oublier le « a » personnel. Veo a María.
  7. Oublier « que » après decir, creer, saber. Creo que sí.
  8. Confondre por et para. La cause regarde en arrière, le but regarde en avant.
  9. Traduire « avoir » par haber. On possède avec tener.
  10. Nasaliser les voyelles. Bien se dit « bi-en », pas « bian ».
  11. Mettre le possessif devant les parties du corps. Me duele la cabeza.
  12. Utiliser le passé composé partout. Avec ayer ou el año pasado, c'est le passé simple.

Comment se servir de cette page. Ne la lis pas d'un bout à l'autre. Repère les deux ou trois sections qui correspondent à ce qui te fait hésiter en ce moment, travaille-les une semaine, reviens. La grammaire s'installe par couches, pas par lecture.

La grammaire ne suffit pas

Il y a un moment où cette page ne sert plus à rien : celui où tu connais les règles, où tu les repères dans un texte, et où plus rien ne sort au moment de parler. Beaucoup de gens en sont là — avec des années de cours derrière eux.

Ce verrou-là ne se répare pas avec une règle de plus. Il se déclenche à l'instant précis de prendre la parole, et il prend quatre formes différentes selon les personnes. Chacune a sa clé.

Quel verrou te freine ?

Cinq questions, deux minutes. Tu obtiens ton profil et ce qui le débloque.

Faire le test des 4 verrous

Tu N'As Pas Besoin De Travailler Plus

Tu as besoin de retirer ce qui t'empêche d'utiliser ce que tu sais déjà.

Faire le test des 4 verrous Gratuit — 2 minutes

Les séances d'hypnose proposées sur ce site sont un accompagnement de bien-être. Elles ne remplacent ni un avis médical ni un suivi thérapeutique.

© espagnolfacile.fr — contact@espagnolfacile.fr

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